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Compagnons d'armes : Vincenti - Seule la mort met fin au devoir, et elle ne compte pas mourir

Posté : 11 mai 2018 : 18:00
par Morkai.e
Quatrième partie de la série compagnons d'armes, sur Vincenti l'arbitrator. j'ai essayé de changer un peu la forme pour celle-ci. N'hésitez pas à donner votre avis
Vincenti respirait lentement en regardant le ciel. Les étoiles brillaient et l'une d'elle était celle autour de laquelle orbitait la sainte Terra, où se trouvait le trône d'or et le saint Empereur. C'est en Son nom que Vincenti Jean Darius, jeune consule de l'Adeptus Arbites avait voué sa vie. Autour d'elle, la forteresse qu'elle avait commandée était en ruine. Son champ réfracteur, qui l'avait protégée de l'autodestruction, avait fini par surcharger à cause des débris et maintenant, tout son corps la faisait souffrir, en particulier sa jambe droite qui était prise sous un morceau de plasbéton.

Pendant une seconde, elle se remémora les récents événements : son monde, Mailtrim, qui devient fou, les émeutes se transformant en bain de sang, la lune qui commence à se fendre, le gouverneur planétaire qui se réfugie dans la forteresse de l'Arbites après que ses négligences aient permis la chute de la planète. Leur longue résistance contre le siège et les assauts des hérétiques. Cette mystérieuse escouade de space marines en armures argentés, venu via le réseau souterrain, qui extermine des rapaces du chaos qui attaquaient la base et repartent en emportant le gouverneur pour le compte de l'inquisition. Et finalement la décision à elle et ces hommes d'enclencher l'autodestruction car leur fin ne faisait plus de doute.

Mais l'Empereur n'avait pas souhaité qu'elle le rejoigne à cet instant, elle regardait les deux parties de la lune qui orbitait dans le ciel. Vincenti ne savait pas qu'elle faute elle avait commisse pour ne pas avoir le droit de mourir avec ces hommes et de s'asseoir à la droite de l'Empereur-dieu.

Il y a quelques heures, les forces du Chaos avait fuit après qu'un débris de la Lune ai frappée Mailtrim plus loin au Nord. Elles semblaient désorientées. Vincenti supposa être la dernière âme vivante de ce monde. A tâtons, elle chercha son pistolet bolter et le trouva comme à son habitude, dans son holster contre sa hanche. Elle le sorti, retira le chargeur et vérifia les munitions. Plus qu'un seul bolt constata-t-elle. Calmement, elle remit en place le chargeur avant d'armer son pistolet. Elle l'approcha lentement de sa tempe et entama la prière des justes, recommandant son âme au trône d'or et pour la dernière fois de sa vie, récita son identité, comme elle l'avait à des milliers d'occasions.

" Vincenti Jean Darius, consule de l'Adeptus Arbites du saint Empereur de Terra, matricule DV-152-13-12-24, affectée à la forteresse de justice de Mailtrim Prime "

Elle posa son doigt sur la gâchette et s'apprêta à la presser.

C'est alors que le bruit d'une navette se fit entendre au loin. Sans savoir pourquoi, l'arbitrator tourna la tête et repéra une navette Aquila noire aux armoiries de l'Impérium qui survolait la zone. Instinctivement, elle pointa son arme vers la navette et tira, espérant sottement attirer l'attention du pilote.

Mais comme elle s'y attendait, le bolt parti dans les airs sans même que la navette ne le remarque.

Elle laissa tomber le pistolet et éclata d'un rire nerveux. Elle s'était accrochée à un très maigre espoir et maintenant, elle allait devoir attendre la mort seule, au milieu des ruines.

De longues minutes passèrent, voire peut-être des heures, alors que la faim et la soif, ses sinistres compagnons de ces dernières semaines, la plongeaient dans une sorte de rêverie ou de délire. Elle en sorti d'un coup, lorsque des voix et des bruits de pas se firent entendre.

- Je t'ai dis avoir entendu un tir, dit une première voix.
- T'as trop bu, y a plus personne, le palais de justice a explosé. Personne ne survit à ça, répondit d'un ton nasillard une seconde personne !
- Doit y avoir quelqu'un, j'ai entendu un tir et j'ai même vu une balle partir.
- T'es sûr que ça venait de là ?
- Ouais ! Si je te dis que je suis sûr, c'est que je suis sûr.
- T'es peut-être sûr, mais ce qui est sûr, c'est qu'y a rien qui vit ici, dommage, j'aurais bien versé le sang d'un de ces foutus arbitrator.
- Il suffit vous deux, éructa une puissante voix. Profitez d'être ici pour voir s'il n'y a rien que nous ne puissions récupérer !
- Oui, seigneur, répondirent en chœur les deux autres.

Le sang de Vincenti ne vit qu'un tour : des hérétiques trainaient dans le secteur. Elle avait accepté sa fin, mais son devoir était plus important que sa vie. Tant qu'un souffle de vie animerait sa carcasse, elle ne laisserait pas cette vermine souiller le sol d'un monde de l'Empereur-dieu.

Puisant dans ses dernières ressources, elle se redressa, et parvint difficilement à dégager sa jambe. Elle se remit debout comme elle put, chaque muscle de son corps la faisant souffrir. Mais ces muscles et sa jambe blessée n'étaient que des détails. Sa mission était de pourchasser les traitres et les hérétiques et elle l'accomplirait. Elle avait encore une grenade sur elle et sa fidèle matraque énergétique, mais ça ne suffirai pas. Elle chercha du regard une arme à feu et repéra le corps de Yarren, un homme fidèle qui avait toujours accompli sa mission avec ferveur. Ses bras serraient encore son arme, un fusil à pompe de combat. Elle s'excusa auprès de son collègue et lui retira son arme. Vincenti sourit en voyant que le chargeur était encore plein. Yarren avait toujours été méticuleux et économe sur ses munitions, assurant que chaque tir compte. Et grâce en soit donné à l'Empereur, ses qualités profitaient aujourd'hui à la consule.

Désormais armé, Vincenti se dirigea discrètement vers un pan de mur qui lui cachait pour le moment les hérétiques. Elle jeta un coup d'œil discret et identifia sept hommes en guenilles, portant des armes d'assaut, des haches rudimentaires et des protections médiocres. Ils étaient menés par un géant, une odieuse parodie des saint Astartes, portant une armure rouge sang garni de pointe. Vincenti en avait affronté suffisamment pour reconnaitre un des traitres menant les hordes qui avaient attaqués son monde, un World Eaters.

Elle savait que c'était un monstre qu'elle aurait bien du mal à atteindre, mais peu importait, c'était un hérétique et il devait mourir. Mais elle devait d'abord se débarrasser de ses séides, qui pour le moment tentait de dégager un énorme morceau de plasbéton.

Vincenti attrapa sa grenade incendiaire, ôta la goupille et la lança dans la horde d'ennemi. Cinq hommes furent aussitôt enveloppés de flammes. Certains partirent en courant et d'autres se roulèrent au sol pour tenter d'éteindre les saintes flammes. Leurs compagnons dégainèrent aussitôt en cherchant l'assaillant.

L'arbitrator les aida en sortant de son couvert. Les tirs détonnèrent dans la ruine, alors que les rafales de plomb déchiquetaient les hérétiques restants.

Mais leur chef s'en moquait, car les tirs rebondirent sur sa cuirasse. Eteignant de sa main les résidus de flammes qui avaient atteint son armure, il s'avança vers elle, sa hache tronçonneuse à la main. D'un geste brutale, la lame trancha le cou d'un cultiste en feu qui implorait de l'aide.

- Il restait donc bien un chien du faux empereur en ce lieu, rugit la voix du traitre.
- En vertu de la lex imperialis, vous êtes accusé d'hérésie et de sédition envers le trône d'or de Terra, annonça calmement l'arbitrator, pour se donner du courage.
- Je n'ai que faire des lois de ton saint cadavre !
- La sentence encourue est l'exécution immédiate, à moins que vous obtempériez. Veuillez lâcher votre arme et vous mettre à genoux !
- Amusant, répliqua le traitre en abatant son arme.

Vincenti esquiva la hache, mais d'un simple revers, le poing du traitre vint frapper son torse, la faisant décoller et s'écraser sur un mur. Le coup l'assomma à moitié et elle n'arrivait plus à se relever. Elle cracha un filet de sang tout en cherchant sa matraque et en remerciant son armure de l'avoir protégé.

- Pour … agression volontaire envers … un arbitrator, … la sentence encourue est … la condamnation à la … transformation en serviteur … par l'Adeptus … Mechanicus. … Pour la dernière fois, … lâchez votre … arme et rendez … vous, articula lentement Vincenti.
- Tu es résistante, ton crane ferra une belle offrande à Khorne, s'amusa l'hérétique.

Il abatis d'un coup sa hache, et Vincenti senti sa dernière heure arrivée. Mais une nouvelle fois, l'Empereur refusa qu'elle le rejoigne. L'arme fut stoppée à quelques centimètres de son cou par une force invisible. Le revers de l'Astartes avait réveillé l'esprit de la machine de son champ réfracteur.

L'hérétique éructa de colère et porta un nouveau coup. Puis un autre, et encore un autre, frappant à de multiples reprises tel un dément, chaque nouveau coup produisant une nuée d'étincelles à chaque fois que le champ repoussait l'attaque.

Mais la protection finit par céder sous les assauts. Satisfait, le World Eaters, attrapa le bloc protecteur du champ de force et l'arracha avant de saisir la jeune femme et de la soulever pour la regarder dans les yeux.

- Une dernière parole, chienne de Terra, demanda l'hérétique.
- Vous êtes … en état ... d'arrestation, répondit Vincenti en envoyant sa matraque dans le heaume de l'armure. Mais l'arme ne fit que rebondir sur la céramite.
- Courageuse, constata le traitre en levant son arme.

Une nouvelle fois, Vincenti pria et recommanda son âme à l'Empereur.

Et une nouvelle fois, l'Empereur refusa qu'elle meure.

Un bruit de réacteur résonna, suivit des tirs d'un autocanon. La hache de l'hérétique explosa en morceau, tout comme son bras. Les deux adversaires roulèrent au sol. Les oreilles assourdies pas les explosions et le visage en sang, l'arbitrator se mordit les lèvres pour ne pas s'évanouir sous la douleur et rampa vers son fusil.

Elle manipula la pompe de l'arme pour enclencher une nouvelle cartouche et se tourna vers le World Eaters qui venait de se relever, son armure brisée en plusieurs endroits et son heaume complètement arraché. Elle visa, et tira sa dernière munition dans la tête de sa cible. Mais, que ce soit à cause de la volonté de l'Empereur, de la résistance des Astartes ou simplement à cause de la distance, elle ne réussit qu'à l'aveugler.

Entièrement consumé par sa rage, le Wolrd Eater se jeta sur elle en hurlant, pour venir s'empaler sur un éviscérator. La lame tronçonneuse déchiqueta le torse de l'hérétique, projetant des morceaux de sang, de chair et d'armure dans tous les sens. Le corps sans vie du World Eaters fini par retomber lourdement au sol.

Surprise d'être encore en vie, Vincenti se retourna difficilement et vit son sauveur, un vieux prêtre barbu en robe de bure grise. L'homme de foi était suivit par un soldat armé d'un fuseur, un loup, et un homme en armure énergétique argentée au symbole de la sainte Inquisition.

L'arbitrator crut à une hallucination jusqu'à ce que le soldat s'adresse au prêtre.

- Merde, Louinu, t'aurais pu me le laisser !
- Je ne puis laisser un fidèle menacé par une vile progéniture du chaos, et je vous rappelle que le service de l'Empereur n'est pas un jeu, frère Squall, répondit le prêtre.
- Ca empêche pas de s'amuser, répliqua le soldat.
- Suffit vous deux, coupa le troisième homme. Promis Squall, si on croise un termi sur le chemin du retour, tu pourras joueur avec. Mais là, on s'occupe de la blessée. Wilfried ramène-toi !
- Y veut pas, éructa une voix puissante.
- Alors jette-le par ici !
- Non, j'arrive, j'arrive, répondit une voix chevrotante.

L'homme en armure s'approcha de Vincenti et se s'accroupit, pendant qu'un adepte joufflu accourait avec un gros sac rouge.

- Et bien, vous avez fait face à un World Eaters dans votre état. Bravo, la félicita l'homme.
- Vous … êtes … qui ?
- Inquisiteur Malguérick, Ordo Malléus. On a crut repérer un tir en passant tout à l'heure et en revenant, on a détecté un groupe d'ennemi, donc on est venu voir.
- Merci … de m'avoir … aidée … monseigneur, répondit Vincenti, alors que le dénommé Wilfried lui administrait un antidouleur.
- Dites juste, Malguérick, je suis pas encore habitué au titre. Et vous, vous vous nommez comment ?
- Consule Vincenti Darius.
- A, vous êtes l'officier que les chevaliers gris ont croisé ! On vous pensait morte dans l'explosion.
- L'Empereur n'a pas l'air d'avoir envie de me voir le rejoindre, plaisanta la jeune femme.
- Malheureusement vous allez devoir recevoir la paix de l'Empereur, annonça le prêtre. Malguérick, les règles concernant les témoins des actions des chevaliers gris sont claires.
- En effet, approuva l'inquisiteur, mais il y a des exceptions. Et l'Empereur n'a pas l'air de vouloir que mademoiselle meure pour le moment. Consule Vincenti Darius, avez-vous encore envie de servir le trône d'or.
- Oui, monseigneur.
- Et bien, j'ai une proposition à vous faire.